L’Ours dans les Pyrènées: la polémique

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A l’aube des temps, une belle et douce fille de souverain, Pyrène, fit la connaissance du héros Hercule. Ils se retrouvèrent fréquemment et par une chaude nuit d’été,… Quelques temps après, Hercule fut appelé sous d’autre cieux et Pyrène resta seule tandis que sa taille portait la trace de ses fols amours… Elle eut peur d’affronter la colère de son père. Alors elle décida de fuir le royaume. Au cours de son chemin, un terrible Ours brun la terrassa. Pyrène, hurla de douleur. Hercule entendant l’écho de sa voix agonisante, d’un bond, accourut pour recueillir dans ses bras, sa bien aimée, morte. Il prononça alors ces quelques mots: “Afin que ton nom, ma Pyrène, soit conservé à jamais par les hommes, ces montagnes, dans lesquelles tu repose pour l’éternité, s’appelleront dorénavant: les Pyrénées.”

Ainsi dans les Pyrénées, la bête a, depuis toujours et bien malgré elle, mauvaise réputation. Paysans lacérés à coup de griffes, enfants déchiquetés, moutons égorgés,… la mémoire collective ne lui fait vraiment pas de cadeaux.

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Ours brun
(Source : Wikimedia/Malene, licence cc)

Aujourd’hui, le plantigrade peuple à nouveau ces montagnes et les peurs ancestrales refont surface.

Au-delà de son impact touristique, le plantigrade est un patrimoine pour les Pyrénées. C’est l’espèce animale sauvage qui symbolise le mieux les Pyrénées.

Mais pour la majorité des éleveurs (seulement 7% de la population pyrénéenne), l’Ours reste l’animal qui croque les brebis. C’est une réalité mais les pertes sont minimes: 200 à 300 animaux/an sur plus de 570 000. Des pertes indemnisées, en moyenne trois fois le prix de la brebis! Et bien inférieures à celle dues aux chiens errants.
Danger pour les bêtes, danger pour l’homme, disent les éleveurs. Pourtant, en 150 ans, on ne compte aucune attaque d’un Ours sur l’homme. Quand ils se rencontrent, l’animal fuit. Un sanglier est tout aussi (voir plus) dangereux mais là, personne ne dit rien!
Plutôt que d’adapter leurs pratiques, les éleveurs s’enferment dans une opposition de principe. Ils pensent que vivre avec l’Ours veut dire passer jours et nuits près du troupeau et affirment qu’il n’est pas normal d’imposer ça à une profession de nos jours. Combien de professions présentent des conditions de vie tout aussi difficiles (si ce n’est plus)? Dont toutes celles qui imposent des horaires de nuit…
De plus, des solutions existent: barrières électrifiées, gardiennage d’un berger sur l’estive et surveillance musclée des chiens patous (environ 1 par 160 bêtes). Grâce au patou, un troupeau ne subit plus d’attaques d’ours, ni de chiens errants. Les résultats sont là: dans 37 élevages équipés de chiens, les pertes annuelles sont passées de 332 à 27. Mais malgré la prise en charge par le programme de réintroduction de l’ours, les éleveurs rechignent. Accepter les chiens, ça veut dire cautionner l’ours. Et l’Ours, ils n’en veulent pas! Certains ont même disséminé des pots de miel piègés dans la montagne…
Qui est le monstre?

Pourtant, l’Ours fait partie des Pyrénnées, il est normal qu’on le protège. Les Pyrénées forment un territoire de 400 kilomètre de long, il y a de la place pour tout le monde!

Voir : le site de l’état consacré à l’Ours.

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2 commentaires sur “L’Ours dans les Pyrènées: la polémique”

  1. Live a écrit:

    La plupart des gens mettent en cause les bergers et anti-ours, mais peu mettent en cause la manque de prise en compte des facteurs socio-économiques découlant de ce programme.
    Peu de gens osent également dire que le nombre d’ours introduits ne permettent pas le maintien de l’espèce dans ce massif. Il en faudrait au moins trente ou quarante pour assurer sa survie… Mais avec autant d’animaux les relations conflictuelles avec les bergers risquent de croître… Le battage médiatique contre ces bergers accroît de surcroît les relations conflictuelles. Ils ont le sentiment que des rigolos citadins aux 35heures veulent leur apprendre leur métier, alors que leur activité leur permet de moins en moins de vivre correctement les obligeant souvent à exercer également une autre profession!
    Nos autorités n’ont, je pense, pas su prendre note de l’importance du travail préalable à la mise en place d’un projet aussi conflictuel. Notre ministre du MEDD a fait preuve d’un certain amateurisme dans ces propos face aux anti-ours, ce qui n’est pas un atout pour les relations à venir…

  2. Emilie Beaudoin a écrit:

    Je ne pense pas qu’un nombre de 40 ours dans les Pyrènnées françaises puisse réellement poser problème. Il y en a tout autant dans les Pyrènnées espagnoles et tout ce passe bien. Et surtout, je ne crois pas que ce soit un argument valable. En effet, la vie sur Terre est régie par le principe de solidarité. La survie de notre espèce dépend de la survie de l’ensemble de toutes les autres espèces y compris de celle des ours.

    Cependant, si tout se passe si bien en Espagne, c’est parce que les ours n’ont jamais disparu de cette zone. Les populations locales ont toujours vécues avec lui. Il existe donc une sorte de respect mutuel entre les ours et l’homme.
    En France, une campagne d’information et de sensibilisation correcte aurait été nécessaire avant l’introduction du premier ours slovène et l’est aujourd’hui plus que jamais.

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